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Lettre de 2ème relance facture impayée : modèle (France et Belgique)

La lettre de 2ème relance, c'est le document que l'on cherche le jour où le premier mail n'a rien donné. Pas encore la mise en demeure. Juste un écrit plus ferme, daté, qui chiffre le retard et pose une date limite. La plupart des impayés que je vois passer n'ont jamais eu cette lettre : on a attendu le 45e jour, et le client a fini par croire que la facture n'était pas prioritaire.

En résumé : envoyez la 2ème relance 8 à 10 jours après la première, par email (trace horodatée) ou courrier simple. La lettre rappelle le numéro de facture, le montant, le nombre de jours de retard et les pénalités, puis donne 8 jours avant un recommandé. Le recommandé, lui, c'est l'étape d'après : la mise en demeure.

Si vous suivez un lot de factures en attente de règlement, partez de celles qui ont dépassé 8 à 10 jours. C'est exactement le moment de cette lettre.


Quelle lettre de 2ème relance envoyer pour une facture impayée ?

La deuxième relance n'est plus un rappel poli. Elle chiffre le retard, cite les pénalités, et pose une date limite avant la mise en demeure. Copiez, remplacez les crochets, envoyez.

Objet : 2ème relance, facture n° FAC-2026-014 impayée (échue depuis 12 jours)

Madame, Monsieur,

Malgré ma relance du [date de la 1ère relance], la facture n° FAC-2026-014 d'un montant de 1 200 €, émise le [date] et échue le [date d'échéance], demeure impayée.

À ce jour, le retard s'élève à 12 jours. Des pénalités de retard courent depuis le premier jour de dépassement, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 € (relations entre professionnels).

Je vous prie de régulariser cette somme sous 8 jours. À défaut, je serai contraint(e) de vous adresser une mise en demeure par lettre recommandée.

Cordialement, [Signature]

Retirez la mention des 40 € si le client est un particulier (voir plus bas). Gardez une copie datée. C'est souvent cette 2ème relance, écrite, qui fait basculer le dossier.


2ème relance par email ou par courrier ?

Les deux valent, à ce stade. L'email laisse une trace horodatée et part le jour même. Le courrier simple marche aussi, surtout si le client "ne lit pas ses mails". Le recommandé, lui, se réserve à l'étape suivante. L'envoyer trop tôt, c'est brûler la cartouche du recommandé pour un oubli de virement.

Une 2ème relance par email suffit dans la grande majorité des dossiers B2B. Passez au papier si le premier mail est resté sans ouverture, ou si vous n'avez qu'une adresse postale.


Quand envoyer la première relance, puis la 2ème ?

Aucun délai d'attente pour la première. Le jour même où l'échéance est dépassée, un mail neutre peut partir.

Objet : Facture n° FAC-2026-014 (échue depuis 12 jours)

Bonjour [Prénom],

La facture n° FAC-2026-014 d'un montant de 1 200 € était due le [date]. Sauf erreur de ma part, je n'ai pas encore reçu le règlement.

Pourriez-vous me confirmer la date de virement, ou me signaler tout problème de votre côté ? Passé ce délai, des pénalités de retard s'appliquent conformément aux conditions générales.

Merci de votre retour rapide.

Pas d'excuse, pas de roman. Un client de bonne foi répond en général sous 48 h.

Si rien ne bouge sous 8 à 10 jours, c'est la 2ème relance ci-dessus. Attendre un mois "pour ne pas fâcher" est la façon la plus fiable de ne jamais être payé.


Quels frais de relance peut-on réellement facturer ?

C'est le point que la plupart des indépendants ignorent, et qui pourtant renforce chaque relance : la loi prévoit des compensations automatiques, sans qu'un juge n'ait besoin de les valider.

En France (article L441-10 du Code de commerce, pour le B2B) :

  • Pénalités de retard : taux fixé sur la facture (souvent 3 fois le taux d'intérêt légal), applicable dès le lendemain de l'échéance, sans mise en demeure préalable.
  • Indemnité forfaitaire de recouvrement : 40 € fixes, dus de plein droit dès le premier jour de retard, en plus des pénalités. Cette mention doit obligatoirement figurer sur vos CGV et vos factures pour être opposable.

En Belgique (loi du 2 août 2002 sur les retards de paiement, pour le B2B) :

  • Intérêts de retard légaux : taux publié semestriellement par le SPF Finance (l'administration fiscale belge), applicable de plein droit sans mise en demeure si le délai de paiement était clairement indiqué sur la facture.
  • Indemnité forfaitaire de recouvrement : un montant minimum de 40 €, majorable des frais de recouvrement raisonnablement engagés (avocat, huissier) si le client professionnel reste en défaut.

Dans les deux pays, la règle pratique est la même : vous ne pouvez réclamer ces montants que si le délai de paiement figurait clairement sur la facture d'origine. D'où l'intérêt de ne jamais improviser cette mention.

Et si votre client est un particulier, pas une entreprise ? Les deux régimes ci-dessus (L441-10 en France, loi du 2 août 2002 en Belgique) visent explicitement les relations entre professionnels : ils ne s'appliquent pas face à un particulier. Pas d'indemnité de 40 € automatique dans ce cas, et la pénalité de retard n'est due que si elle figurait déjà, noir sur blanc, dans vos conditions générales ou sur la facture, calculée au taux d'intérêt légal simple, sans majoration. Dans une relance adressée à un particulier, retirez donc toute mention du forfait de 40 € : elle n'a pas de base légale dans cette relation-là, et l'écrire ne fait qu'affaiblir votre relance aux yeux d'un client qui se renseignerait.


Relance facture par recommandé : quand passer à la mise en demeure ?

Si la deuxième relance reste sans réponse sous 10 à 15 jours, l'étape suivante est la mise en demeure, envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle doit contenir :

  • Le rappel de la facture (numéro, date, montant)
  • Le terme explicite "mise en demeure"
  • Un délai précis pour régulariser (en général 8 jours)
  • La mention des suites possibles en cas de non-paiement (procédure judiciaire)

Cette lettre a une valeur juridique : elle marque le point de départ à partir duquel, en cas d'inaction, vous pouvez engager un recouvrement.

Inutile de partir d'une page blanche. Adaptez les montants et les dates. Retirez l'indemnité de 40 € si le client est un particulier.

[Votre nom / raison sociale] [Votre adresse]

[Nom du client] [Adresse du client]

Objet : Mise en demeure de payer, facture n° [X] Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Malgré ma relance du [date de la première relance], je constate que la facture n° [X], d'un montant de [montant] €, émise le [date] et échue le [date d'échéance], demeure impayée à ce jour.

Je vous mets en demeure de régler cette somme sous 8 jours à compter de la réception de la présente lettre. Conformément à [l'article L441-10 du Code de commerce / la loi du 2 août 2002], des pénalités de retard ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 € s'appliquent depuis l'échéance.

À défaut de règlement dans ce délai, je me réserve le droit d'engager toute procédure utile au recouvrement de cette créance, y compris une injonction de payer.

Je reste disponible pour tout échange permettant de régulariser cette situation à l'amiable.

[Signature]

Ce modèle marche pour la quasi-totalité des impayés B2B, en France comme en Belgique. Seule la référence légale change d'un pays à l'autre.


Toujours rien après la mise en demeure : quelles suites ?

Passé le délai de la mise en demeure, deux options s'offrent à vous selon le montant en jeu :

  • L'injonction de payer (France) ou la procédure sommaire d'injonction de payer (Belgique) : une procédure simplifiée, sans avocat obligatoire pour de petits montants, qui permet d'obtenir relativement vite une décision de justice vous autorisant à faire exécuter le paiement, au besoin par saisie.
  • Le recouvrement amiable ou judiciaire via un professionnel (société de recouvrement, avocat, huissier) : recommandé au-delà de quelques milliers d'euros, où les frais engagés restent proportionnés au montant réclamé.

Personnellement, j'évite d'en arriver là : le temps et l'énergie passés à monter un dossier dépassent souvent la valeur de la facture elle-même en dessous de 500 €. Dans ce cas, une dernière relance ferme avec délai de paiement échelonné proposé est parfois plus rentable qu'une procédure.


Comment éviter d'en arriver là

La meilleure relance est celle qu'on n'a jamais besoin d'envoyer. Deux réflexes réduisent drastiquement le risque d'impayé :

  1. Demander un acompte à la signature du devis : un client qui a déjà versé 30 % a un intérêt financier direct à régler le solde. On détaille les pourcentages usuels et les méthodes d'encaissement dans notre guide sur l'acompte à la signature.
  2. Séparer clairement devis et facture, avec des délais de paiement écrits noir sur blanc dès le départ, pour ne jamais avoir à improviser une mention légale a posteriori (voir notre comparatif devis vs facture).

Comment HeyDevis simplifie le suivi des impayés

Faire ce suivi à la main sur Excel, en se souvenant "à quel jour j'en suis" pour chaque client, c'est le genre de tâche qu'on repousse jusqu'à ce que l'impayé devienne critique.

Avec HeyDevis :

  • Suivi visuel des factures en attente : voyez en un coup d'œil quelles factures ont dépassé leur échéance, sans ressaisir de tableau.
  • Relance en un clic : depuis la fiche facture, un bouton envoie une relance par email avec les pénalités et l'indemnité forfaitaire déjà calculées. (En amont, HeyDevis relance aussi automatiquement les devis restés sans réponse, pour éviter d'en arriver à une facture impayée.)
  • Mentions légales déjà en place : délai de paiement, pénalités de retard et indemnité forfaitaire sont pré-remplis sur chaque facture, prêts à être invoqués dès le premier retard.

En clair : vous vous concentrez sur votre travail, et HeyDevis garde un œil sur les échéances.


Checklist avant d'envoyer la 2ème relance

  • Numéro, date et montant de la facture, recopiés sans erreur
  • Date de la 1ère relance citée
  • Nombre de jours de retard à jour
  • Pénalités et 40 € seulement si le client est un professionnel, et si le délai figurait sur la facture
  • Délai de 8 jours avant le recommandé
  • Copie datée conservée (email envoyé, ou scan du courrier)
Sources officielles

Sources officielles utilisées pour la rédaction de cet article :

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